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On ne peut pas collaborer avec des gens qui n'ont pas fait leurs devoirs intérieurs !

Cette expression, certes un peu provocante, me vient d’Antonio Linarès avec qui j'ai eu l'occasion de faire une formation.

Ma troisième année de coaching au Bachelor jeune entrepreneur s’achève. Je me pose la question : et s'il y avait un apprentissage que je devais retenir de ces trois ans, lequel serait-il ?

Et puis je repense à cette promotion des troisièmes années que j'ai eu à coacher durant les six derniers mois de leur cursus.

Je suis frappé à la lecture de leur mémoire de fin d'année à quel point chacun a vécu une transformation personnelle.

Il est intéressant de constater que cette équipe a eu un chemin mouvementé, parfois chaotique, tant les individualités pouvaient paraître si fortes.

En questionnant certains de l'équipe durant leur soutenance de mémoire ou pendant les évaluations de fin d'année, ils me disaient qu’avant de vivre réellement l'équipe soit six mois avant la fin de leur cursus, ils n'avaient pas la confiance dans l'équipe, ils n'avaient pas la confiance que l'équipe pouvait leur apporter quelque chose. Parmi les pensées présentes chez certains d'entre eux, il y avait des phrases telles que :

        "J’ai tant donné, et rien reçu de l'équipe, que je ne vois pas pourquoi je devrais apporter des apprentissages."

        "Je suis le seul à respecter mes engagements, je n'ai plus envie de donner !"

        "L'équipe ne mérite pas ma confiance…"

Et puis un moment, il y a une bascule, et l'équipe s'est mise à travailler ensemble autour d'un projet commun : un business bar.

Je ne sais pas si ce revirement est le fait d'une personne, ou la conjonction de plusieurs facteurs, mais il apparaît qu’il y eu plusieurs élans individuels.

Avec pour racines le sentiment d'urgence qu'ils devaient tous avoir leur année, qu'ils devaient tous réussir leur diplôme. Je me souviens encore d'une parole d'Alex « il nous reste six mois, il faut qu'on en profite, il faut qu'on s'éclate, il faut qu'on est notre année ! ». Il y a eu aussi la prise de conscience de Léonard et Louis qu'il fallait un leadership affirmer, pour lequel il se sentait en capacité d’agir. Et puis l’élan de Lyne de passer à l’action et de, physiquement, bouger les meubles et commencer l’agencement du bar.

Pour chacune des personnes de l'équipe, il me semble qu’il y a eu un basculement au moment où ils ont accordé leur confiance individuelle. Au moment où chacun a accepté de lâcher ses croyances, ses jugements sur l’équipe… Certains identifient ce basculement, au moment où ils ont pardonné à l’équipe ce qu’ils pouvaient lui reprocher.

Je ne peux m’empêcher de faire le parallèle avec l’équipe que je vis avec Pascal et Olga. Nous sommes en capacité de co-créer, car il y a chez chacun un effacement de l’ego. J’entends par effacement de l’ego, le fait de voir lorsque nous nous crispons sur une position, sur une idée. Ce moment où chacun cesse de vouloir faire venir l’autre dans sa vision du monde, la prenant pour seule et unique valable dans la situation. Cet instant où il y a un mouvement vers une compréhension de la vision de chacun et une intégration de celle-ci dans une perception globale.

La nécessité de mourir à ses idées…

Bien, souvent, nous sommes dans une posture « offensive » qui nous conduit, lorsque nous avons une idée, un point de vue, à le défendre. Nous voulons avoir raison. Cette énergie est souvent mue par une peur de perdre la face, ou par une intention d’avoir le pouvoir sur l’autre. C’est ce que Carl Rogers nommerait les défenses personnelles.

Peter Senge, offre un autre éclairage dans son livre la 5e discipline, où il identifie les modèles mentaux comme un obstacle à la coopération en équipe. Un modèle mental est notre représentation du monde qui nous limite dans nos pensées et dans nos actions. Le modèle mental s’apparente également à une croyance limitante. 

Une croyance est une lunette, un prisme, entre ce qui est et nous, entre ce qui nous arrive et nous. Et ce prisme influence notre ressenti, notre attitude et notre réaction vis a vis de notre monde environnant et des événements que nous vivons. 

Pour moi, le modèle mental provient de la répétition, à situations similaires, des pensées que nous pouvons avoir. La répétition de ses pensées va ancrer un modèle mental en nous. 

Un des ressorts de la coopération réside donc dans la faculté de chacun à pourvoir identifier ses modèles mentaux pour oser mourir à ses idées. Cette posture de lâcher prise me semble primordiale pour pouvoir accéder à la co-création en équipe. Remettre en question ses modèles mentaux, c’est aussi se connecter à un big WHY (Simon Sinek). Lorsque chacun est conscient de ce qui important pour lui dans la situation, il est en sorte aligné sur le pourquoi. Conscient du sens de ce qui se joue dans le dialogue, chacun peut alors prendre de la hauteur.

Ainsi chacun passe d’une conscience individuel (mon idée, ma stratège est la meilleure) à une conscience du collectif (ce qui est important pour moi dans cette situation). En résumé : passer d’un mode réactif à un mode conscient.

C’est en cela que je parle de « devoir intérieur »! Comment chacun peut être en conscience de ce qui est vivant en lui (pensées, modèles mentaux, sens…) pour pouvoir s’ouvrir à l’autre et co-créer avec lui ?.

Entrer dans le chaos créatif…

Mourir à ses idées, à ses modèles mentaux, permet ainsi d’entrer dans un chaos créatif. Je vois pour ma part que cette phase peut être inconfortable. Cet instant où je renonce à mon idée, comme seule et unique possible, et que j’accepte de faire confiance que quelque-chose de nouveau émergera si je m’ouvre aux idées des autres. Souvent, cela passe chez moi par une phase de perte de confiance dans la capacité du groupe à produire un résultat. Cet état est un bon marqueur pour moi de faire confiance dans ce qui va émerger du dialogue.

Je vois qu’une phrase est présente en moi dans ces moments-là « quoiqu’il arrive, çà va bien se passer, ce que nous allons produire va être bien… ». C’est également une croyance avec une connotation positive. 

De me dire cette phrase intérieurement me conduit à accepter cette période inconfortable et ainsi d’entrer pleinement dans le chaos créatif. J’entends par chaos créatif ce moment de flottement où personne de sait ce qui émergera du dialogue, ce qui apporte parfois une perte de repère.

Le dialogue prend alors tout son sens : le fait de tenir une discussion visant à construire sur les idées de chacun afin de produire de nouvelles idées.

Comment identifier et gérer une croyance limitante ?

croyance limitante

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